Je pourrais me plonger dans un bouquin pour qu'on me foute la paix . Faire semblant de lire n'importe quoi, un titre qui ne dirait rien à personne . Je pourrais jouer les intellos et prendre mon stylo et mon carnet ... et écrire . Mais je plonge ... Un imaginaire ... j'ai toujours dit : je n'en ai pas ... Voyage onirique ... immobile, alors ? Why not ...
Je vois l'image ... le pare-brise, tout à l'heure, cette envie presque irrépressible d'accident, comme à 17 ans, il y a si longtemps, pourtant, quand j'ai maquillé un acte délibéré en quelque chose d'anodin, quoiqu'inexplicable, voire incompréhensible . Cette histoire inventée en état de choc est devenue une drôle de vérité servie à toutes les sauces, selon l'interlocuteur . Sauf que l'autodestruction dans l'espace-temps, ça ne se planque pas aussi longtemps ... Et puis le mot "fragile" n'est plus tatoué sur mon visage ... ou bien il est, autrement ... Dire mes blessures profondes, mes traumatismes insoupçonnables ... inacceptables ... la question est toujours ... être crédible, être indécente, impudique, raconter le trash en le suggérant seulement, et ne blesser personne ... personne d'autre que moi ... La symbolique, les paraboles et autres métaphores ... ça ne suffit pas, j'ai ce cri en moi qui me mène à la lisière des mots vrais, témoignage d'une drôle de vie manquée ... je suis une femme, il paraît ... moi je ne sais ni mon âge, ni qui je suis ... je ne m'accepte toujours pas . Juste à peine ...
Ce rêve qui revient, remonter le fil du Temps, raconter enfin pour de bon cette drôle de vie pour ne pas qu'elle s'arrête, pour retrouver la force de me battre ... pour une vie dont je ne sais rien ... que le pire ... Parler de ces "pouvoirs" que si peu de gens ignorent, le secret bien gardé ... alors ... je n'en laisse que quelques traces, quelques indices, ça et là ... mais je sais comment et pourquoi certaines résonances ... Et dans mon regard on trouve un miroir à deux faces ... L'histoire, c'est aussi cela ... c'est surtout ce dont je n'ai jamais parlé, mais ce parcours enlisé n'est pas ce que l'on croit . Enfermement, à coeur ouvert . S'éloignent les apparences et je pense ... Dire à mon ange je t'en prie, n'écoute pas, je vais déverrouiller mes émotions ... c'est ma dernière chance ... m'éloigner du fil du rasoir ... sortir de cette obsession comateuse qui n'est que stagnation, défragmention passive ... et être enfin celle dont nul ne sait rien . La musique dans les veines, regrets éternels ... La mettre en mots, et tout faire vibrer ... parce que de la vie, je ne sais rien non plus, je n'ai été que la spectatrice de ma propre histoire . Histoire à recomposer . Des pans de vie à dire ... ne pas perdre le "je" ... Pour n'être que moi-même, en mon âme et conscience .
Et puis, je ressens la fatigue, brutalement . Aurai-je la force de tout cela ? Comment me re-trouver dans cette image, la silhouette d'une femme-enfant qui n'aime pas fasciner, et qui reste sur-le-qui vive ... Qui m'aime me suive . Pas ce soir, j'ai dans mon corps toutes ces molécules qui agissent sur les neurotransmetteurs ... et sur mon coeur, or c'est de mon sang que je signerai ce roman . C'est un début ... Tic-tac ... tic-tac ... toujours ce terrible son ... et mon coeur en écho ... alors vigilance, et plus de résignation, de violence, seulement ... l'action ... dans les mots . 10 mai 2007 . Ce n'est pas si loin . Mais c'est si loin de cet "avant" où je n'étais que grièvement blessée ... mais réparée, tant bien que mal . Je ne mettrai pas plus que quiconque Paris en bouteille avec des "si" ... Mais ... Les regrets ... être passée à côté de la vie ... ce n'était pas la fatalité . Ou le Hasard ne m'a laissé que très peu de liberté ... A explorer . Je me lève, la chaise craque ... je suis trop loin de moi . Demain ... Ne pas mourir . Tenter enfin de vivre ... de dire ... Et qu'importe ce que l'on croit . Mon ange veille sur moi . Je suis fatiguée . Et pourtant, je ne dormirai pas . La nuit sera dure et froide . Les mots, demain à mon secours, il le faut ... demain ... le présent à venir ...