Mercredi 28 mai 2008

                     

               Je connais les regards transperçants, si impitoyables, quand j’étais maigre, j’ai eu ma dose d’agressivité déchargée gratuitement, d’attaques « jugeantes », pourquoi ce regard malsain, voyeur, tout à la fois … je pourrais en parler … tellement plus, ces regards tuent, tout comme les mots … et les silences trop éloquents … Encore un peu, à me torturer, à repousser mes limites pour avoir accompli ma tâche, je sais que j’ai réduit énormément mon espérance vitale, mais je serai toujours prise entre deux feux, mais si je veux prouver que je ne me complais pas dans toute cette souffrance, c’est un véritable défi à relever, et bien sûr, il passe par les mots … écrits , me conter, me raconter, me re-créer, enlever ce masque qui obscurcit mon discernement, qui me fait basculer si facilement, pour un rien, pour … tout, tout me fait peur, et je ne peux même pas me projeter … jusqu’à demain, chaque jour de plus sera toujours un jour de trop, bien sûr, comment je pourrais espérer voir la vie … ma survie, autrement, et avec un autre regard, je ne m’assume pas, je ne l’ai jamais fait … jamais … je me suis toujours haïe, mais à force de protester et de dire, ces derniers temps, combien ma capacité à aimer est immense, démultipliée par le manque, peut-être que je me leurre complètement, je suis peut-être vraiment ce monstre autocentré, égocentrique, pourtant j’ai toujours si mal aux autres, et ce, depuis toujours, je n’ai jamais pu dire je t’aime, ou pas comme les autres, je suis à tout jamais l’écorchée vive qui a un cœur, qui a cette blessure en elle si profonde, elle n’est pas narcissique, je ne suis pas ça … je l’espère, … à force qu’on m’ait donné le mauvais rôle, je l’ai endossé … Battue d’avance, disait ma mère … et pour cause … j’ai des nausées, je n’ai pas faim, j’ai une étrange impression de satiété non-justifiée, je mange sans faim … repas pour moi interminables, à la fois une épreuve et un soulagement, dès lors qu’il y a un cadre, je finis les assiettes jusqu’à la dernière  miette, les véritables anorexiques ne font pas ça, ou on sait comment ça finit … les pubs, je les évite, tout ce qui touche à l’objet-nourriture me fait peur, me déstabilise, et là je vais mal, vraiment . Il faut que j’arrête, il va arriver et je voulais avoir commencé au moins l’entrée pour limiter les dégâts …

                   Apprivoiser mon corps … c’est inaccessible, impossible, peut-être que si je parviens à retrouver les mots de manière à me réconcilier avec quelque chose qui émane de moi, parce que c’est une trop grande souffrance que de subir la vie comme un châtiment, et je dois apprendre avant qu’il soit trop tard à tout repenser autrement … Je me sentais coupable d’avoir cessé d’écrire comme si inconsciemment j’avais délibérément saisi l’occasion de me laisser aller dans la chute libre . Je ne serai jamais stable, toujours fragile, et seule, mais je dois au moins essayer de vivre … un peu … accepter des choses dont j’ignore tout, me projeter dans un ailleurs mental qui me soit accessible …Comme si c’était aussi simple que ça . Comme si j’avais trouvé la porte des mots réouvertes comme par enchantement . Il n’y a rien d’enchanté en ce monde .

                   Je me sens seule . Je l’aurai toujours été et je le serai jusqu’au bout, à quoi bon prétendre vivre en passant à côté de tout ? Pourquoi ça devrait durer encore, tout ce vide et ce manque, je vais finir par devenir pathétique et m’apitoyer sur mon sort, c’est minable et indécent . Heureusement, personne n’en saura jamais rien . En Anglais il y a une expression qui dit « I  feel sorry for myself » … Pour moi ça sonne comme une accusation et c’est inacceptable … quand il s’agit de moi . J’ai pour les autres toutes les indulgences que je n’aurais jamais pour moi-même . Je ne m’accorde rien, je ne déroge jamais aux règles que je n’applique qu’à moi, pour mieux me condamner, et j’espère, plus que tout, que ça n’est pas une forme perverse de narcissisme … à l’envers … L’expression que j’ai citée, traduite littéralement, dit « Je me sens désolée pour moi-même » mais on ne le dit pas … soi … on dit à quelqu’un pour le secouer de ne pas le faire, et à mes yeux la connotation est tellement péjorative que je crains toujours de tomber dans cette forme immonde d’apitoiement sur soi … l’autre étant toujours la priorité … Alors ça n’est pas parce que je me plains par écrit, et parce que ça vient du fond de mon cœur, ça n’est pas par cet excès de sincérité dans les mots que je dois pour autant changer … ce qui me semble essentiel . C’est-à-dire me faire passer systématiquement en dernier, parce que je suis vraiment la dernière des dernières, et bien pire que ça encore … Dire que j’ai cru hier avoir repris le contrôle, et là je me rends compte que cet élan est plus que retombé, et je suis retombée encore plus bas, comme si c’était encore possible . Je suis fatiguée, incapable d’écrire, je ne sais plus où j’en suis, j’aurais tellement voulu me laisser retomber dans la torpeur rassurante de cette non-inscription dans la vie, dans le quotidien, et dans l’instant . Je n’ai que peu de temps et je n’en ferai rien, bonne excuse pour ne plus écrire, bonne excuse pour prendre la tangente, comment fait-on pour se fixer des objectifs à court terme, au moins depuis que je ne vois plus personne, il n’y a plus personne pour me dire de m’occuper de moi, je n’ai presque plus de contact à l’extérieur .

par didier-liza communauté : L'art et la manière
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Retour à l'accueil

Publicité

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Décembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus