Mardi 27 mai 2008


Vous ne saurez jamais tout le mal que vous pouvez faire, mais à vos yeux je serai toujours, et jusqu’à la fin des temps, l’unique, la seule véritable coupable, et quand bien même, j’acquiesce, sur tous les tons, à tous les temps et jusqu’à la fin des temps, si toutefois ça vous soulage d’avoir trouvé non pas le remède à tous vos maux ( et encore, qui sait ? ) mais le pourquoi de tous les comment, et qui … pas d’entre vous … est le maudit … le mot-dit … la maudite … la coupable, la fautive, la source de tous vos maux, c’était bien cela que vous vouliez à tous prix, vous vouliez bien l’épingler, la scotcher, l’écraser comme une mouche, même pas, un cloporte, ce qui colporte tous les maux et tous les vices, là est le noir, le sombre, coupable, coupable, le couperet est tombé sans coup de semonce … Je me perds, et j’erre encore, j’ignore jusqu’où, mais mes yeux douloureux sont clos, et mes derniers mots émis je ne sais comment, je ne sais par quel « miracle » … tombent à terre, là où je suis, là où il n’y a … plus personne … c’est ainsi, à pile ou face j’ai toujours perdu … rien de moins fatal, pour moi, que la fatalité qui n’a jamais cessé de me poursuivre, je n’ai rien gagné, j’ai quand même tout perdu, c’est mon tout dernier accident … de mon vivant ou plutôt … de ma survivance, sans clairvoyance, ou avec infiniment trop, tellement trop, toujours le trop-plein, verre bien plus qu’à moitié vide, verre coupant, entaillé … pour que s’écoulent les dernières gouttes de mon sang, mais je me voulais sans corps, encore un coup du sort … Je m’éloigne encore, tant bien que mal, mais c’est dur quand on est mort, jamais assez, encore, même quand on dort, on est voué à être soumis à une autre forme de torture … Je dis stop, mais on ne m’entend pas … Voyez quelle était la nature de ma psychose … ça vous fait peur, ça vous fait horreur, ce n’est pourtant plus a priori mais à posteriori … alors que craignez-vous, contagion impossible, et ça ne déteint pas au lavage ou autre rituel de vos journées rythmées comme les miennes l’étaient comme ça pulse, dans la musique, ou dans le cœur, dans le corps, je ne sais pas, je n’en ai jamais eu, et heureusement, on ne demandera pas si j’ai mal, parce que je ne peux plus répondre, je me suis noyée, la sirène n’était qu’humaine, mon pseudo, c’était Seagirl … pas assez belle pour ça, mais je n’aimais que le monde sous-marin, retour à la sous-jacence, à la latence, à tout ce qui est … en-dessous, du visible et qui rejoint l’essentiel de ce qui bien sûr n’est visible qu’aux yeux du cœur … vous m’avez condamnée, je n’ai pas de rancœur, votre haine ne m’a pas tuée deux fois, parce qu’en moi je n’y ai trouvé d’autre écho qu’une immense douleur, et si ça vous conforte, si ça vous réconforte, grand bien vous fasse … j’ai eu en moi plus de coups d’épées que toute une armée puisse infliger, ce n’était pas … des coups d’épée dans l’eau, c’étaient plutôt des mots … changés en maux secrets, et même l’écho de vos mots durs, coupants, acérés, si blessants, ont fait couler de moi la dernière goutte de mon sang, beau triomphe, trouvez-vous une autre proie, ce ne sera peut-être pas aussi facile qu’on le croit, parce que des mortes-nées comme moi qui s’incarnent, parce que c’est leur rôle, parce qu’elles le doivent … et par là-même, tout endosser … ne font pas légion, et je quitte cette contrée sans rien laisser derrière moi, ni de moi … que des mots qui s’envoleront au premier printemps … c’est-à-dire, je crois, pour vous … dans si peu de temps … Je vous laisse, je ne suis plus là, je cherche en vain le repos qui ne vient pas, les ombres me cernent après avoir si longtemps cerné mes yeux … le noir broyé, c’est son bon côté … broyer du noir a du bon si tout vient à point qui sait entendre … Je n’irai pas plus loin … c’est si loin, c’est trop loin … pas pour moi, je n’ai pas tenu la distance, je n’ai pas suivi la cadence, j’étais toujours à contre-temps, à contre-courant, j’avais tout faux, et ça, c’était … autant de coups d’épées dans l’eau … l’eau vive … mes premiers accords, mais avec cette survie j’ai toujours secrètement été en désaccord, j’aimais trop la musique, ma vibration, mon tempo, à tous ls temps, et ces mots arrachés … par qui, pourquoi ? Ils n’étaient pas là que pour moi, mais je suis la seule à n’y avoir, dans ce contexte non textuel, pas eu droit . Rupture, cassure, fêlure, fracture, et tout ça qui perdure, ni vie ni mort … pas encore … Pas facile de rester debout quand le vent vous emporte, quand le courant est trop fort et qu’il n’y a rien ni personne, appel au secours interdit, ça n’a pas de prix, à mes yeux, mais c’est déjà pris, et pas donné à tout le monde, il faut une clé, il y a même un code d’accès, un bip, et moi je n’ai rien de tout ça, pas de télécommande, et pas de frein … je n’en finis pas de recommencer à chuter, à glisser, sans parapente ou paravent, sans pare-feu … et pas  ou plus de mécanismes de défense qui ne soit destructeur, toute voiles dehors, toutes formes de violence retournées contre moi … Je ne veux plus que du silence, et le repos, le répit de toute une vie, survie, non-stop …
par didier-liza communauté : L'art et la manière
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